Vous venez de recevoir un diagnostic de diabète de type 1 ou vous vous interrogez sur le dépistage pour vous ou un membre de votre famille ? Vous vous posez des questions sur ce que cela signifie pour votre vie ? À travers les témoignages de Marc, Alexia, Thomas et Françoise, découvrez comment d'autres familles ont vécu cette étape, et ce qui les a aidés. Une étude menée auprès de plus de 1 500 patients révèle que l'accompagnement psychologique est jugé utile par ceux qui en ont bénéficié — et que les attentes autour du dépistage précoce et de la pair-aidance sont fortes.
ILS PARTAGENT LEUR EXPÉRIENCE
Marc, Alexia, Thomas et Françoise ont tous vécu le diagnostic du diabète de type 1 à des âges différents et dans des circonstances différentes. Leurs témoignages, recueillis dans le cadre de l'étude DiagDT1, illustrent la diversité des vécus et des besoins d'accompagnement.
«Ma réaction a été la sidération. Je passais d'une personne qui n'avait pas de maladie à quelqu'un qui devait gérer une maladie. C'était un changement radical de perception de la vie.»
- Thomas, diagnostiqué à 20 ans
Ces émotions sont largement partagées : 9 personnes sur 10 considèrent que le diagnostic a bouleversé leur équilibre personnel. 57% des patients et 74% des proches rapportent avoir ressenti de l’anxiété ou de la dépression après l’annonce.
Témoignages de Marc, Alexia, Thomas et Françoise sur leur vécu du diagnostic
L'ACCOMPAGNEMENT PSYCHOLOGIQUE, UN BESOIN SOUS-ESTIMÉ
L'étude DiagDT1 met en lumière un paradoxe : plus de 75% des patients auraient souhaité un accompagnement psychologique au moment du diagnostic, mais seulement 16% se le sont vu proposer.
Pourtant, parmi ceux qui en ont bénéficié, 84% l'ont jugé utile.
«Quand j'y repense, ça m'aurait beaucoup aidé d'avoir un accompagnement psychologique juste après l'annonce. J'aurais eu besoin qu'on me parle d'avenir et que l'on me dise : si tu as des projets, tu peux encore les faire.»
- Thomas
Au-delà du soutien psychologique, le besoin de pair-aidance est tout aussi fort : 73% des patients et 88% des proches estiment qu'un accompagnement par des patients experts aurait pu les aider dans l'année suivant le diagnostic.
Qu'est-ce qu'un patient expert ?
Un patient expert est une personne vivant avec le DT1 qui, grâce à son expérience, a développé une connaissance fine de sa maladie et accompagne d'autres patients. C'est le principe de la pair-aidance : un soutien entre personnes ayant vécu une situation similaire, pour se sentir moins seul et avancer avec plus de confiance.
Arnaud Bubeck, auteur de l'étude DiagDT1, rappelle :
« Le message qu'on donne, en général, c'est de ne pas rester seul face à la maladie. Tournez-vous vers des associations qui peuvent vous accompagner. N'hésitez pas à faire appel à des professionnels de santé mentale. »
Pour aller plus loin sur l'impact psychologique du diagnostic et l'importance des mots choisis lors de l'annonce, découvrez la vidéo :
Diagnostic du DT1 : impact psychologique et accompagnement
Avec Arnaud Bubeck (Fédération Française des Diabétiques) et Barthélémy Bourdon (psychologue social)
DÉPISTAGE PRÉCOCE : SAVOIR POUR MIEUX SE PRÉPARER
Le dépistage préclinique du diabète de type 1 consiste à rechercher des auto-anticorps dans le sang avant l'apparition des symptômes, notamment chez les proches de personnes vivant avec un DT1.
Et l'étude DiagDT1 est claire : l'intérêt pour ce dépistage est fort. 92% des participants estiment important d'être informés sur l'existence de ce test, et 96% seraient prêts à en parler à leurs proches potentiellement concernés. Pour les cas positifs (environ 5%), être informé en amont permettrait une préparation progressive et un accompagnement adapté — une arrivée plus douce dans la maladie, loin du choc et de l'urgence de l'annonce diagnostique vécus par tant de patients.
Aujourd'hui, il est possible de détecter le diabète de type 1 avant l'apparition des premiers symptômes, grâce au dosage des auto-anticorps dans le sang. Ce dépistage s'adresse notamment aux apparentés de personnes vivant avec un DT1.
L'étude DiagDT1 révèle que 92% des participants estiment important d'être informés sur l'existence de ce test et 96% seraient prêts à en parler à leurs proches potentiellement concernés.
Les avis sur le sujet varient selon les patients : certains y voient une opportunité de mieux se préparer, d'autres craignent de vivre avec une "épée de Damoclès".
Andréa, diagnostiquée en acidocétose sévère à 21 ans, a fait le choix de faire dépister ses deux filles :
« Cette épée de Damoclès, elle existe depuis que mes enfants sont nés. [...] Ça (le dépistage) m'a enlevé cette épée de Damoclès parce que je sais que, normalement, leur risque est quasi zéro de développer un diabète de type 1. »
Andréa témoigne : le choix pour ses filles
Avec Andréa (patiente) et Arnaud Bubeck (DiabèteLAB, Fédération Française des Diabétiques)
MAT-FR-2600669-02/26
VERS UNE PRISE EN CHARGE QUI VOUS RESSEMBLE
Vivre avec un DT1, c'est prendre de nombreuses décisions chaque jour et porter une charge mentale considérable. Les professionnels de santé évoluent aujourd'hui vers une approche plus globale, qui reconnaît que le bien-être psychologique est aussi important que l’équilibre glycémique.
« Aujourd'hui, la philosophie de soins est centrée sur la pathologie. Il faudrait qu'elle soit centrée sur le patient, sur son bien-être global, qui repose à la fois sur sa santé physique et sa santé mentale. »
- Léonore Marchand, présidente de l'association Type One Family
L'importance d'une approche centrée sur le patient
Avec Arnaud Bubeck (Fédération Française des Diabétiques) et Léonore Marchand (Type One Family)
ILS TÉMOIGNENT : LES PAROLES QU'ILS AURAIENT AIMÉ ENTENDRE
« Vu tout ce que j'ai connu au départ, ça ne m'a pas empêché de réussir mes études, ma vie familiale, mon travail. »
- Françoise, diagnostiquée à 7 ans, aujourd'hui âgée de 68 ans
« Tu as le droit d'avoir peur, tu as le droit d'être en colère, mais dis-toi bien que la vie continue. Le diabète va être un compagnon encombrant, mais ça ne t'empêchera pas d'atteindre les objectifs que tu veux. »
- Thomas
« Aie confiance en toi et ça va aller. »
- Alexia
Le diagnostic de diabète de type 1 est une étape qui bouleverse la vie des patients et de leurs proches. Des ressources d'accompagnement existent : associations, professionnels de santé mentale, patients experts.
Le dépistage précoce du DT1 préclinique permet une détection avant les premiers symptômes, avec ses bénéfices et ses limites. La décision appartient à chacun et sa famille, au bon moment.
Les chiffres clés de l'étude DiagDT1
Vous vous posez des questions sur le diagnostic ? Cette infographie rassemble les chiffres clés de l'étude DiagDT1 : ce que vivent les personnes vivant avec un DT1, l'importance de l'accompagnement, les attentes face au dépistage précoce. Tout ce que vous devez savoir en un coup d'œil.
Références :
- Bubeck A, et al. Étude mixte sur l’impact du diagnostic de diabète de type 1 sur la qualité de vie et la santé mentale. Med Mal Metab. 2026
POUR ALLER PLUS LOIN
MAT-FR-2601663-09/26